La privatisation partielle de la Française des Jeux en 2019 avait suscité des débats politiques passionnés. Cinq ans plus tard, l'heure du bilan : réussite financière indéniable, questions éthiques toujours ouvertes.
- L'introduction en Bourse de 2019
- L'évolution de l'action FDJ
- Les résultats financiers 2025
- Les dividendes et les actionnaires
- Les questions éthiques persistantes

L'introduction en Bourse de 2019
En novembre 2019, l'État a mis en Bourse 52 % du capital de la FDJ au prix de 19,90 € l'action. Une opération très demandée : sur-souscription massive, 500 000 particuliers actionnaires.
L'État a conservé initialement 20 % du capital + une "golden share" garantissant le contrôle stratégique. L'objectif politique : dégager des ressources budgétaires (2,5 milliards €) tout en maintenant la mission publique de la FDJ.
L'évolution de l'action FDJ
L'action FDJ est passée de 19,90 € (nov. 2019) à 45 € (fév. 2026), soit +126 %. Sur la même période, le CAC 40 a progressé de 45 %. La FDJ a donc surperformé le marché français.
Cette performance s'explique par : un business model résilient (jeux d'argent peu affectés par les crises), une croissance continue du digital, une bonne gestion managériale sous la direction de Stéphane Pallez.
Les résultats financiers 2025
Chiffre d'affaires 2025 : 3 milliards d'euros (+60 % vs 2019). EBITDA : 700 millions €. Bénéfice net : 350 millions €. Marges opérationnelles supérieures à 25 %, exceptionnellement élevées pour un secteur régulé.
Le digital représente maintenant 35 % du CA (contre 15 % en 2019). L'app FDJ (jeux, tirages, résultats) est utilisée par 6 millions de Français chaque mois. Le physique (bar-tabacs) reste dominant mais en légère décrue.

Les dividendes et les actionnaires
Les dividendes ont progressé de 60 % sur 5 ans : 0,45 € par action en 2019 → 1,45 € en 2025. Un actionnaire ayant acheté à l'IPO récupère 25 % de son investissement en dividendes cumulés.
L'État reste le premier actionnaire (20 %). Il a perçu 300 millions € de dividendes sur 5 ans, en plus des taxes régulières. La privatisation partielle rapporte donc au budget de l'État presque autant qu'à Bercy dans son ensemble.
Les questions éthiques persistantes
Un débat de fond : est-il légitime de rémunérer des actionnaires privés sur une activité potentiellement addictive ? Certains parlementaires demandent une renationalisation.
Face à ces critiques, la FDJ met en avant ses actions de prévention : budget 2025 de 30 millions € en jeu responsable, obligation d'avertissements, participation au financement de Joueurs Info Service. L'équilibre entre performance commerciale et mission sociale reste tendu.
